Simulateur… rustique

Quand on pense simulateur de vol, on pense immédiatement aux simulateurs récents, à la pointe de la technologie. Mais de quand le concept date-t-il, exactement ? Il est peu probable que vous puissiez deviner la date. Celui-ci n’était en effet pas électrique : il date de 1910 ! C’est lors d’une visite à Aéroscopia que je l’ai découvert. Ce parc, qui a ouvert il y a maintenant un an, remporte un vif succès (ils ont accueilli presque deux fois plus de visiteurs l’an dernier que l’objectif attendu). On peut y découvrir, pêle-mêle, l’A400M, un mât réacteur de l’A380 MSN004, le Microstar Variviggen de Léo Chagnes… et ce fameux premier simulateur de vol du monde : le « Tonneau Antoinette ». Son nom lui va comme un gant, puisqu’il s’agit effectivement d’un tonneau scié en deux à l’équateur et remonté en sens inverse. Ce simulateur est l’oeuvre de l’ingénieur Levavasseur et de son équipe, qui souhaitaient former les pilotes au nouveau mécanisme complexe de leur monoplan Antoinette : un appareil élégant, mais dont le système de commandes de vol un peu particulier (un volant pour la main gauche et un autre pour la droite) faisait fuir les clients, tant il était peu naturel. Si vous en avez l’occasion, je vous invite à le découvrir de vous-même au musée d’Aéroscopia. Dire que tout est parti de là !

Des craquelures sur les ailes de l’A380. Cela fait maintenant quelques semaines que la nouvelle circule, et les inspections successives font état de craquelures dans plusieurs A380. Ces inspections ont été initiées par l’Agence de Sécurité Européenne (EASA). Les portes paroles d’Airbus précisent que ces craquelures n’empêchent pas l’A380 de voler, et n’a pas d’impact sur sa sécurité. Ceci peut-il réellement être sans impact sur la sécurité ?

Tout d’abord sur la portance. Pour rappel la portance est un principe simple, que l’on retrouve autant sur l’avion que chez les oiseaux. Au fur et à mesure que l’avion accélère, l’air passe au dessus, et en dessous de l’aile. L’air qui passe au dessus de l’aile est plus rapide que l’air passant sous celle-ci, créant ainsi un effet de portance. L’effet est que l’avion est alors tiré vers le haut grâce à cet air. L’air va plus vite au dessus de l’aile grâce à sa forme bombée. La portance qui tire l’avion vers le haut, s’oppose au poids de l’avion qui le tire vers le bas. Mais plus la vitesse est importante – plus exactement plus la différence de vitesse est importante, plus la portance est importante, maintenant l’avion dans le ciel.

Cette portance est donc avant tout fonction de la surface de l’aile, de l’angle d’attaque, de la forme de surface, et surtout de la vitesse. Et il est raisonnable de penser que de petites craquelures sur les ailes ne devraient pas avoir d’impact sur la portance. Si les craquelures étaient importantes, elles auraient un effet sur les trainées et turbulences qui s’échappent des ailes. Ceci pourrait en théorie agir sur la résistance et la flexibilité des ailes, ce qui peut être beaucoup plus problématique.

C’est donc avec un souci de sécurité que l’EASA prend ces directives d’inspection et celles-ci seront réalisées cette semaine. Si vous volez sur A380, ne paniquez pas, ces petites craquelures sont pour le moment très petites et les appareils concernés sont maintenus au sol.