Décollage pour le Bourget ! Le salon international de l’aéronautique c’est jusqu’à dimanche. Il est ouvert au grand public depuis vendredi. Vous pouvez donc le visiter de 8h30 à 18h. On y découvre bien sûr des dizaines d’avion – certains sont visitables -, et il y a aussi des démonstrations en vol, à la mi-journée. Et à l’intérieur des grands hangars du Bourget, on découvre également le futur de l’aviation et de l’espace. « Les conducteurs et les pilotes pourront rentrer chez eux avec ça et l’utiliser comme une voiture normale ».  » L’engin semble sorti d’un film. Une voiture volante, une vraie, avec des ailes repliées vers l’arrière et qui se déploient sur les côtés. Ça fait un peu penser à une coccinelle qui s’envole, mais il n’en est rien. Voici l’Aeromobil, 1,2 million d’euros l’unité, présentée par Stephan Vadocz, responsable de la société : « on passe d’une voiture à un avion en trois minutes ! Avec les ailes repliées, l’appareil fait 5,9m sur 2,2m. On peut le garer sur une place de parking donc, à l’avenir, les conducteurs et les pilotes pourront rentrer chez eux avec ça et l’utiliser comme une voiture normale. » A noter, une petite poignée au-dessus du tableau de bord, pour sortir un parachute ! Juste à côté de ce prototype, une autre machine un peu folle. Un drone à hélices, sur lequel on peut s’asseoir, comme sur une moto, à califourchon, avec une poignée de contrôle dans chaque main. Le souvenir du Concorde… Un peu plus loin, c’est la Nasa et le CNRS qui présentent des robots destinés à la planète Mars. Les explications de Philippe Caïs, manager au CNRS : « ce robot, c’est l’étape prochaine, lancement en juillet 2020, arrivée sur Mars en 2001. Il a une durée de vie de trois ans, durant laquelle il devra sélectionner les meilleures cibles pour préparer le retour d’échantillons ». Enfin, si vous avez toujours rêvé de prendre un avion plus rapide que la vitesse du son, une entreprise américaine présente au Bourget « le Baby Boom », un avion censé faire Paris-New York en trois heures. Comme au temps du regretté Concorde.

Lancement du Salon du Bourget

La bulle aérienne est en place. Comme lors de chaque évènement d’ampleur, COP21, 14 juillet, cérémonies internationales, l’armée de l’air met en place un DPSA (dispositif particulier de sûreté aérienne), afin de renforcer les mesures de sécurité en matière de police du ciel. Pour cette 52ème édition du Salon du Bourget, les quelques centaines de personnels ont pris leurs quartiers non-loin du site à protéger, à l’image d’une base aérienne projetée comme on peut l’imaginer sur un théâtre d’opérations. Détection, identification, engagement, l’ensemble des moyens déployés peuvent être employés pour aller jusqu’à la neutralisation de toute menace venue du ciel. Hélicoptères Fennec et avions de chasse en alerte renforcent la posture permanente de sûreté aérienne, prêts à décoller pour aller lever le doute en cas d’incertitude sur un aéronef, « en moins de sept minutes » pour les chasseurs, un délai qui peut être ramené à moins de deux minutes selon les cas. Systèmes air-sol moyenne portée Mamba et Crotale NG sont également de sortie, ainsi qu’un drone MALE Harfang et un AWACS, dont les capacités de C2 seront mises à profit lors de certains créneaux, des « moments clés du salon », visites officielles pour ne pas les nommer.

Parmi les personnels au sol, des commandos de l’air, dont certains dédiés à la protection des deux F-35 de l’US Air Force, arrivés en début de semaine dernière. Et comme c’est l’habitude, des postes de guet arien et de guet à vue, équipés de caméras et de jumelles infrarouges. Le dispositif bénéficie également du réseau de radars fixes de l’armée de l’air et des centres de détection et de contrôle, et notamment de celui de Saint-Mars la Pile, dans l’Indre et Loire. Le Centre national des opérations aériennes de la BA 942 de Lyon est lui aussi mobilisé pour l’occasion. « L’enjeu, c’est la cohabitation avec l’activité aérienne civile, nous essayons de cohabiter au mieux », tout en mettant le salon du Bourget à l’abri des menaces de toute sorte, explique le commandant Stéphane, officier projet de ce DPSA. Un enjeu de taille, notamment avec la proximité de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. L’espace aérien est ainsi divisé entre une zone interdite temporaire, dans laquelle aucun aéronef ne peut entrer sans autorisation préalable, et une zone tampon, réglementée.

Dans un des shelters qui abrite les « SIC-men », des images d’un F-35 qui évolue dans le ciel sont retransmises par le Crotale NG. « La ressource SIC est très rare, très qualifiée, donc très sollicitée », indique-t-on. Soixante d’entre eux – basés habituellement à Evreux – sont dédiés aux installations. Cette édition 2017 du salon est également celle des mesures renforcées contre les minidrones. En cas d’intrusion, l’armée de l’air dispose de moyens électromagnétiques pour « prendre le contrôle » de l’appareil, sans utilisation de moyens pyrotechniques. Planifié depuis octobre 2016, le DPSA a commencé à s’installer dès le 25 avril dernier, l’objectif étant démonter le plus rapidement possible dès la fin de l’évènement, en raison du DPSA du 14 juillet, qui utilisera une grande partie du soutien et du matériel déployé pour le salon du Bourget, même si ce sont « deux opérations bien distinctes », précise le commandant Stéphane.

Un A320 qui casse des briques

Les passionnés de simulateurs de vol sont légion de par le monde, et tous s’évertuent à construire chez eux leur propre simulateur. Mais tous ne font pas preuve de la même créativité dans l’effort. A preuve, ce simulateur de vol conçu par Nicolas Carrel, un ingénieur informaticien lyonnais qui a reproduit une cabine d’Airbus A320… en Lego. Tout, dans la cabine, est composé de petites briques : la console, la façade avant, les manettes servant à régler les gaz, jusqu’aux galons sur les épaules du pilote ! Son inventeur s’est fait conseiller par trois pilotes de ligne pour atteindre le niveau de réalisme qu’il souhaitait, et il lui aura fallu pas moins de 10000 briquettes de la marque danoise pour achever son projet. Le module fonctionne aujourd’hui parfaitement, même s’il manque encore pour l’instant le panneau supérieur normalement situé au-dessus de la tête des pilotes virtuels. Les instruments de bord (PFD et MFD) sont reproduits sur des écrans d’ordinateur fixés à l’arrière de la façade, et les indications reconstituées à partir des informations envoyées par le simulateur de vol. C’est également son concepteur qui a développé les programmes. Pour la petite histoire, c’est en voulant comprendre ce qui était arrivé au vol AF447 Rio-Paris que ce passionné de petites briques et d’informatique s’est plongé dans le rapport d’enquête du BEA. Il a voulu reproduire le vol sur le simulateur de vol X-Plane de son ordinateur. Quelques mois plus tard, pour ses 40 ans, ses amis lui ont offert une séance de simulateur d’A320, ce qui lui a aussitôt donné envie de créer son propre simulateur de vol, à l’échelle 1:1. Il a alors utilisé le matériel qu’il connaissait le mieux : la brique Lego.