Le mois dernier, un espace de simulation unique en son genre a ouvert ses portes à la Villette, dans le 19ème arrondissement de Paris. Baptisé Yoo Moov, il s’avère particulièrement prometteur, puisqu’il a l’ambition d’emmener ses clients dans un voyage spatial à travers différentes salles faisant la part belle à la 3D, au laser game, au simulateur de vol et à la video 360°. Le site, qui occupe 2300 mètres carrés, permet de faire vivre à ses voyageurs des aventures liées à des planètes existantes (Képler 186F…) à travers de nombreuses activités : cinéma interactif (360 degrés 5Di), robot 3D, simulateur de pilotage de bolides spatiaux, pistolet laser pour résoudre des missions… S’adressant à un public de 12 à 35 ans, l’attraction propose deux parcours distincts : un court de 25 minutes pour une dizaine de personnes, et un plus long d’une heure et demi pour 32 personnes. Le prix est de 12 ou 25 euros. Le projet est d’autant plus intéressant que c’est le premier parc indoor consacré au voyage spatial en France. Cela montre bien que l’attrait du public pour l’espace, qui a un peu périclité après les les années 1970 et 1980, revient en force et a de beaux jours devant lui. Pour la petite histoire, les frères Bogdanov ont apporté leur contribution au parc, puisqu’ils ont travaillé sur le langage scientifique à utiliser pour vulgariser le scénario de l’aventure. Les effets spéciaux ont quant à eux été en partie réalisés par SolidAnim, qui a signé un contrat pour les trois prochains volets d’Avatar de James Cameron. Le fondateur du parc aurait déjà reçu des demandes d’investisseurs pour dupliquer Yoo Moov Station à Londres, Berlin et Montréal.

Le simulateur ultime

Ce simulateur de vol, vous n’êtes pas près de l’avoir dans votre salon, ni même de pouvoir le tester : s’il a tout l’air d’une attraction de fête foraine, il est en fait réservé aux chercheurs, et intéresse aussi bien les professionnels de l’aéronautique que de l’automobile. Cet appareil propose en effet une simulation totale, puisque l’utilisateur y est doté d’un casque de réalité virtuelle sur la tête, et placé dans une nacelle en fibres de carbone suspendue entre 8 câbles en acier reliés aux murs. De puissants moteurs et un logiciel de simulation permettent de faire effectuer à la nacelle des mouvements amples et complexes, et l’utilisateur peut ainsi goûter aux sensations physiques du pilotage d’un hélicoptère, d’un fusée ou d’une voiture. Le simulateur de l’Institut Max Planck n’est cependant (et malheureusement) pas ouvert au public : il a en fait été conçu pour mieux comprendre la perception du mouvement par l’être humain. Pour comprendre par exemple comment les différentes perceptions dues à la vision et à l’oreille interne interagissent entre elles lors d’un mouvement complexe (tel que le décollage d’un aéronef), et comment le pilote parvient à les coordonner pour réussir l’opération. Pour modifier les paramètres de l’expérience et les sensations du pilote, il suffit aux chercheurs de faire varier la réponse de l’engin grâce aux moteurs contrôlant les câbles : ils peuvent ainsi changer la viscosité et même la gravité du milieu dans lequel le pilote est supposé se déplacer. Le principal intérêt de ce dispositif hors norme est de pouvoir explorer une large gamme de mouvements, et ce grâce à l’amplitude des déplacements rendus possibles à l’intérieur du hall. Un espace de 8 mètres de long, 5 de large, et 5 de hauteur, alors que les simulateurs de pilotage traditionnels se limitent généralement à moins d’un mètre. Celui-ci est donc le premier à pouvoir retranscrire sans difficulté les mouvements amples. L’appareil peut également non seulement reproduire de fortes accélérations (jusqu’à 1,5G), mais aussi des mouvements infimes, et ce afin de tester les seuils de détection par l’être humain. Les recherches du laboratoire Max Planck devraient permettre d’améliorer sensiblement les algorithmes des simulateurs de vol et de conduite.