Simulateur… rustique

Quand on pense simulateur de vol, on pense immédiatement aux simulateurs récents, à la pointe de la technologie. Mais de quand le concept date-t-il, exactement ? Il est peu probable que vous puissiez deviner la date. Celui-ci n’était en effet pas électrique : il date de 1910 ! C’est lors d’une visite à Aéroscopia que je l’ai découvert. Ce parc, qui a ouvert il y a maintenant un an, remporte un vif succès (ils ont accueilli presque deux fois plus de visiteurs l’an dernier que l’objectif attendu). On peut y découvrir, pêle-mêle, l’A400M, un mât réacteur de l’A380 MSN004, le Microstar Variviggen de Léo Chagnes… et ce fameux premier simulateur de vol du monde : le « Tonneau Antoinette ». Son nom lui va comme un gant, puisqu’il s’agit effectivement d’un tonneau scié en deux à l’équateur et remonté en sens inverse. Ce simulateur est l’oeuvre de l’ingénieur Levavasseur et de son équipe, qui souhaitaient former les pilotes au nouveau mécanisme complexe de leur monoplan Antoinette : un appareil élégant, mais dont le système de commandes de vol un peu particulier (un volant pour la main gauche et un autre pour la droite) faisait fuir les clients, tant il était peu naturel. Si vous en avez l’occasion, je vous invite à le découvrir de vous-même au musée d’Aéroscopia. Dire que tout est parti de là !

simulateur

Actualité oblige, il était impossible de ne pas parler aujourd’hui de l’Oculus Rift, le casque de réalité virtuelle qui est en précommande depuis le 6 janvier dernier. Car des sociétés françaises commencent à s’intéresser de près au casque de réalité virtuelle de Facebook, et notamment à sa potentielle utilisation pour la simulation de vol. Du côté du Lab’Innovation de Capgemini, on relève en effet un intérêt marqué des industriels de l’aviation pour l’Oculus Rift, toujours à la recherche de nouvelles solutions pour former leurs pilotes. Ces lunettes offrant une vision à 360 degrés pourraient être une alternative beaucoup plus légère aux simulateurs de vol traditionnels, permettant aux pilotes de se familiariser avec les nouveaux modèles d’avion. Evidemment, cette solution portative n’a pas vocation à remplacer les simulateurs physiques, bien plus immersifs : les tableaux de bord physiques qui caractérisent ces derniers, ainsi que les vérins qui permettent de reproduire la moindre secousse de l’appareil, les rendent indispensables pour une formation solide et une mise en situation réellement immersive. Capgemini explique cependant que les casques de réalité virtuelle pourraient permettre aux futurs pilotes de « s’entraîner à la maison, sur leur propre ordinateur, via une application Oculus simulant le tableau de bord et les effets de vol ». Une façon d’emporter ses devoirs à la maison, en quelque sorte.