En plus de vendre des simulateurs, la société montréalaise fait partie d’une coentreprise – Flight Training Alliance – avec Lufthansa pour la formation des pilotes et du personnel de cabine de la C Series. «Le partenariat assure la pérennité de l’avion, a dit vendredi le président et chef de la direction de CAE, Marc Parent, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du deuxième trimestre. Si beaucoup d’avions sont vendus, cela va bénéficier à CAE.» Le mois dernier, Airbus a conclu une entente avec Bombardier lui permettant de mettre la main sur une participation de 50,01 % dans le programme de la C Series. M. Parent ne croit pas que le géant européen, qui exploite également des centres de formation pour les pilotes, soit tenté de rapatrier ces activités à l’interne. «Nous détenons près de 70 % du marché de la vente de simulateurs (dans l’aviation civile) et nous sommes de loin le plus gros joueur dans l’entraînement des pilotes. Je m’attends à ce que l’on ait le même succès avec la C Series.» Jusqu’à présent, les compagnies aériennes qui achètent la C Series peuvent effectuer la formation des pilotes en se procurant un simulateur – fabriqué par CAE – ou en retenant les services de la coentreprise Flight Training Alliance. En dépit d’une croissance de ses profits et revenus au deuxième trimestre, CAE a livré des résultats légèrement sous les attentes des analystes, ce qui a contribué au recul de son action à la Bourse de Toronto. Sur le parquet torontois, le titre de la multinationale a abandonné 75 cents, ou 3,28 %, pour clôturer à 22,13 $. CAE a engrangé un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 65,2 millions $, ou 24 cents par action, en hausse de 35 % par rapport à 48,3 millions $, ou 18 cents par action, à la même période l’an dernier. Abstraction faite de la vente de sa participation de 49 % dans le Zhuhai Flight Training Centre, son profit ajusté s’est établi à 58,2 millions $, ou 22 cents par action, en hausse de 4,9 % comparativement au troisième trimestre de l’exercice précédent. Ce résultat s’est avéré sous les attentes de l’analyste Steve Arthur, de RBC Marchés des capitaux, qui tablait sur un bénéfice ajusté par action de 24 cents. «Nous anticipons une réaction légèrement négative par rapport à l’action, a indiqué l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note. Nous estimons qu’un (recul) constitue une occasion d’achat.» Pour la période de trois mois terminée le 30 septembre, les revenus ont progressé de 1,65 %, ou 10,5 millions $, pour se chiffrer à 646 millions $. Au cours du troisième trimestre, CAE dit avoir reçu des commandes totalisant 931 millions $, dont plus de la moitié en provenance de ses clients du secteur de la défense, a souligné aux analystes M. Parent. «Il y a une augmentation des dépenses militaires aux États-Unis et ce secteur est vigoureux, a souligné M. Parent. En Europe, les budgets de plusieurs pays grimpent parce qu’ils veulent respecter leurs obligations à l’égard de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord.» Les secteurs de l’aviation civile et de la défense ont affiché une croissance de leurs revenus et bénéfices au deuxième trimestre. Du côté de la division de la santé, le chiffre d’affaires a progressé, mais le résultat opérationnel est passé de 2,6 millions $ à 2,2 millions $. Par ailleurs, la multinationale québécoise a annoncé que l’ex-grand patron de Groupe CGI Michael Roach s’est joint à son conseil d’administration.

En début d’année, CAE, le spécialiste des simulateurs de vol et de la formation, avait annoncé la signature d’un gros contrat avec l’armée américaine pour assurer la formation des pilotes d’hélicoptères sur simulateurs. Ce contrat devait couvrir les neuf prochaines années et les formations devaient se dérouler à Fort Rucker, en Alabama. Pourtant, la société québecoise a connu un revers inattendu dans cette affaire : elle s’est récemment vue retirer ce contrat de 450 millions de dollars après qu’une entreprise rivale, Aecom, ait contesté la décision. En effet, Aecom, qui fournissait les services du programme Initial Entry Rotary-Wing depuis la fin des années 80, avait contesté la décision de l’armée américaine dès la diffusion de la nouvelle en janvier dernier. Et elle a, semble-t-il, obtenu gain de cause : elle est parvenus à coiffer sa rivale québécoise en récupérant ce contrat très lucratif auprès de l’armée américaine ! Les motifs de ce revirement ne sont à ce jour pas encore connus, et CAE attend actuellement d’avoir plus de détails pour savoir si elle contestera ou non, à son tour, cette décision. Cela dit, cette perte, pour décevante qu’elle puisse être, n’affecte pas particulièrement l’entreprise. Ses employés au sud de la frontière et ses perspectives de croissance dans le secteur de la défense ne devraient pas être impactés : les salariés n’avaient en effet pas même commencé à travailler sur le programme étant donné que le contrat était contesté. Et la nouvelle n’a pas non plus, semble-t-il, effrayé les actionnaires puisque le jour de l’annonce, à la Bourse de Toronto, l’action de la société retraitait de 44 cents, ou 2,17 % pour se négocier à 19,81 $. Il faut dire que l’entreprise peut s’appuyer sur de nombreux et solides autres contrats pour assurer son avenir et continuer à former des pilotes sur ses simulateurs !